Chaque catéchumène se voit proposer un accompagnateur pour l’aider dans son parcours. L’idée générale consiste à se rencontrer une fois par mois pour échanger, poser ses questions, partager ses difficultés.
Le diocèse de Paris propose une formation pour les accompagnateurs, dont voici quelques retranscriptions :
Un discours du pape Léon XIV lors de sa rencontre avec les membres de l’Assemblée synodale provinciale, le 26 septembre 2026, est très éclairant, à relire ici.
La FAQ de l’accompagnement
Quelles sont les conditions à remplir pour recevoir le baptême ou la confirmation ?
Pour le baptême, il faut en avoir exprimé le désir et accepter de suivre la préparation d’un an et demi au sein du catéchuménat. Pour la confirmation, il faut avoir été baptisé au sein de l’Église catholique et suivre une préparation d’un an au sein du catéchuménat. D’autres éléments, comme la situation maritale de la personne, doivent également être pris en considération et soumis au prêtre en charge du catéchuménat.
On reconnaît cinq clés de discernement :
- Le désir du candidat
- Sa formation, sa compréhension des enseignements
- Sa vie de prière
- Sa vie morale, la cohérence entre vie personnelle et l’enseignement de l’Église
- Son implication dans la vie paroissiale, pour vivre sa foi avec des frères et sœurs.
Peut-on être baptisé rapidement, par exemple avant un mariage ou pour être parrain/marraine ?
Non, ce n’est pas possible. Le temps de préparation en France est une étape importante pour permettre au futur baptisé de faire grandir sa foi. La préparation au baptême dure habituellement plus d’un an et demi. La préparation à la communion et la confirmation est plus rapide.
Combien coûte la préparation au baptême ou à la confirmation ?
Rien. Il est cependant demandé aux catéchumènes de participer aux frais d’hébergement, de transport et de nourriture des deux week-ends organisés dans l’année pendant la formation. Il est également possible de faire un don à la paroisse à l’issue de la préparation, afin de soutenir les différentes actions menées auprès des personnes en difficulté ou en quête de Dieu.
Le parcours vers le baptême
En quoi consiste le catéchuménat pour les futurs baptisés ?
La formation consiste en des soirées de prière, de partage et de formation — une soirée tous les 15 jours — ainsi que deux week-ends de retraite dans l’année avec le groupe des accompagnateurs et les autres catéchumènes. Il existe plusieurs étapes :
- l’initiation chrétienne (temps court de discernement),
- l’entrée en catéchuménat,
- l’appel décisif,
- puis les « scrutins ».
Que se passe-t-il lors de l’entrée en catéchuménat ?
C’est la première étape liturgique de l’initiation chrétienne des adultes. Elle se déroule à la paroisse, à l’extérieur de l’église, au début d’une messe du dimanche : le candidat est accueilli par la communauté et devient catéchumène. Il n’y a pas de date fixe arrêtée à l’avance ; l’entrée doit avoir lieu avant le baptême, si possible dès la première année. Le dimanche du baptême du Christ est souvent choisi car il est symbolique et riche en enseignements ; si le catéchumène n’est pas disponible ce jour-là, une autre date peut être retenue, au choix du père accompagnateur.
Après cette étape, le catéchumène a déjà un statut dans l’Église : il est inscrit au registre diocésain des catéchumènes, peut avoir des funérailles chrétiennes s’il vient à mourir catéchumène, et le rituel du mariage prévoit de tenir compte de cet état. Il peut recevoir une bénédiction ou les cendres, mais pas encore un sacrement (réconciliation, onction des malades…) puisqu’il n’a pas reçu le premier d’entre eux, le baptême. Il ne proclame pas non plus la Parole de Dieu et ne lit pas la prière universelle.
Qu’est-ce que l’appel décisif et comment se déroule-t-il ?
L’appel décisif a toujours lieu le premier samedi après le mercredi des Cendres, au cours d’une messe présidée par l’archevêque de Paris ou un évêque auxiliaire. Selon le nombre de dossiers, le diocèse fixe l’appel le matin ou l’après-midi. Cette célébration termine le temps du catéchuménat et ouvre le temps ultime avant le baptême.
- Les futurs baptisés reçoivent une lettre du diocèse, à présenter à l’entrée lors de l’appel décisif.
- Le parrain et/ou la marraine doit, dans la mesure du possible, être présents ; en cas d’impossibilité, un accompagnateur peut les représenter.
Le catéchumène y reçoit une écharpe violette qui le rend identifiable jusqu’à son baptême ; il la porte ensuite et s’installe, pendant la messe, avec les accompagnateurs au banc d’œuvre.
Que sont les « scrutins » et les dimanches de Carême qui suivent l’appel décisif ?
Chacun des six dimanches qui suivent l’appel décisif marque une étape importante vers le baptême ; il est donc important d’y assister, à l’église Saint-Nicolas-des-Champs :
- 1er dimanche (lendemain de l’appel décisif) : la Tradition du Credo
- 2e dimanche : la Tradition du Notre Père
- 3e dimanche : 1er scrutin, évangile de la Samaritaine
- 4e dimanche : 2e scrutin, évangile de l’aveugle-né
- 5e dimanche : 3e scrutin, évangile de Lazare
- Dimanche des Rameaux : reddition du symbole de la foi
On appelle ces célébrations « scrutins » parce que les catéchumènes se laissent scruter par Dieu et scrutent leur propre cœur à sa lumière. À chaque fois, le prêtre fait une prière, un exorcisme et une onction d’huile des catéchumènes pour les fortifier. La démarche comporte plusieurs points forts : l’accueil de la Parole de Dieu, la prière personnelle et la prière communautaire ; elle conduit à la conversion, c’est-à-dire à changer sa vie pour vivre en chrétien.
Le prêtre appelle chaque catéchumène par son prénom : ils s’avancent devant l’autel. Les accompagnateurs sont invités à se placer derrière un catéchumène, même s’il ne s’agit pas de leur propre accompagné.
Pourquoi les catéchumènes sont-ils renvoyés avant l’eucharistie lors de ces célébrations ?
À l’issue du rituel (tradition ou scrutin), les catéchumènes sont renvoyés : ce temps mis à l’écart leur permet de faire grandir leur désir d’eucharistie. Le prêtre l’annonce ainsi :
Amis catéchumènes, que le Seigneur demeure avec vous. Allez, dans la paix du Christ.
Les catéchumènes répondent : « Nous rendons grâce à Dieu. »
Et le célébrant conclut :
Nous nous retrouverons à la fin de l’Eucharistie ; mais déjà je vous dis : « à dimanche prochain ».
N’hésitez pas à en parler avec les catéchumènes qui seront baptisés à Pâques : ils se posent souvent beaucoup de questions et peuvent avoir des doutes (« je ne suis pas digne du baptême », etc.).
Le parcours vers la confirmation
En quoi consiste le catéchuménat pour les confirmands ?
Les confirmands suivent, pendant un an, la même préparation que les futurs baptisés : une soirée tous les 15 jours et deux week-ends de retraite avec la paroisse. S’y ajoute une journée de récollection obligatoire, retraite spéciale d’une journée avec tous les confirmands du diocèse, à laquelle les accompagnateurs ne sont pas invités à participer.
Comme les futurs baptisés, ils ont des documents à fournir, notamment une lettre à l’évêque.
Cette année, la récollection obligatoire a lieu le 1er mai 2027, de 9h30 à 17h30, dans les locaux de la paroisse Saint-Honoré d’Eylau (64 bis rue Raymond Poincaré, 75116 Paris). Les deux week-ends auront lieu les 7 et 8 novembre 2026 à Avon, puis les 20 et 21 mars 2027 à Nevers.
Quelle est la date de la confirmation ?
La date initiale retenue était le samedi, veille de Pentecôte. Désormais, devant l’afflux de demandes, c’est souvent le week-end qui suit.
Parrain et marraine
Quelles sont les conditions pour être parrain ou marraine de baptême et de confirmation ?
- Avoir reçu les trois sacrements de l’initiation (baptême, confirmation, eucharistie) et mener une vie conforme à la foi et à la fonction à assumer.
- Être assez mûr pour remplir cette fonction --- ce qui est présumé à partir de 16 ans accomplis, sauf exception admise par le curé ou le ministre pour un juste motif.
- Ne pas être le père ou la mère, ni le conjoint du futur baptisé.
- Sauf exception, ne pas être l’accompagnateur du catéchumène.
Pour la confirmation, un seul parrain (ou une seule marraine) est nécessaire, et il (elle) doit être confirmé(e). Pour le baptême, il peut y avoir un parrain ou une marraine seul(e), ou les deux à la fois. Lorsqu’il existe déjà un parrain ou une marraine catholique, un chrétien n’appartenant pas à la communauté catholique peut être admis comme témoin chrétien du baptême.
Faut-il aider le catéchumène à trouver un parrain ou une marraine ?
Oui, cela va souvent de pair avec son implication dans la paroisse : lui trouver un service à assurer dans l’Église lui permet de rencontrer d’autres chrétiens, de trouver le cas échéant un parrain ou une marraine, et de s’intégrer à la communauté paroissiale. N’hésitez pas à faire remonter au père Laurent les talents et disponibilités de votre accompagné, ainsi que ce qui vous semble pouvoir lui convenir.
Le rôle de l’accompagnateur
Quel est notre rôle en tant qu’accompagnateur ?
Nous sommes le premier visage de l’Église pour le catéchumène : c’est une responsabilité à garder à l’esprit tout au long de l’accompagnement.
Faut-il rappeler le parcours et ses étapes au catéchumène ?
Oui. Les catéchumènes ignorent souvent les étapes du parcours vers le baptême ou la confirmation, qui nous paraissent pourtant logiques. Ces sacrements sont expliqués lors des enseignements, mais il est judicieux d’y revenir lors d’un entretien avec votre catéchumène. Certains points peuvent sembler délicats, mais ils sont importants pour éviter des situations qui remettraient en cause le sacrement.
Quelle est l’importance du programme et des week-ends de retraite ?
Il est utile de relire le programme avec l’intéressé(e) et d’insister sur le fait que les week-ends ne sont pas une option mais un engagement, une obligation — même si ce point, pourtant précisé dès le début du parcours, n’est pas toujours bien compris. Une adaptation reste possible pour les personnes qui travaillent le week-end ou le samedi.
Comment accompagner les catéchumènes face au stress ou aux « combats » à l’approche du sacrement ?
Les catéchumènes sont souvent stressés, ou traversent des combats intérieurs, à mesure que la date du sacrement approche. Cela demande de la vigilance de notre part, pour les entourer et les rassurer.
L’accompagnement s’arrête-t-il à la réception du sacrement ?
Non. L’accompagnement se poursuit jusqu’en juin, même et surtout si le sacrement a été reçu, car c’est le début d’une vie chrétienne. La présence aux enseignements reste demandée, et une année supplémentaire de travail biblique est proposée aux néophytes.
Situations particulières
Pourquoi est-il important de connaître la situation maritale du catéchumène dès le début de l’accompagnement ?
C’est une question sensible, mais importante pour éviter toute mauvaise surprise juste avant la réception du sacrement (cela s’est déjà produit). Le diocèse pose en effet des questions sur ce sujet : liaison ou concubinage, projet du catéchumène face à cette situation, éventuel divorce avec mariage à l’église, etc. Ce sont des points délicats, à aborder progressivement, en fonction des enseignements reçus et de l’« éveil à la foi » du catéchumène — il ne faut pas aller trop vite. L’évolution se fait grâce aux enseignements, au cheminement du catéchumène et au travail du Seigneur dans son cœur, à mesure qu’il comprend les demandes de l’Église. En cas de difficulté, il faut le faire remonter rapidement, sans hésiter à en parler au prêtre accompagnateur.
Une personne vivant en couple sans être mariée peut-elle commencer une démarche de catéchuménat ?
Oui. Cette démarche la fait avancer dans la foi et l’intègre progressivement dans la communauté chrétienne. Elle doit prendre son temps ; elle aide aussi le couple à clarifier sa situation, ce qui peut aboutir, si c’est possible, au mariage, ou dans d’autres cas à la séparation — la personne pourra alors recevoir le baptême.
Que se passe-t-il dans les cas plus douloureux, quand la situation ne se clarifie pas ?
Il faudra alors vivre dans la foi un baptême de désir. Il est important pour le catéchuménat d’accueillir ces demandes et de les accompagner, même si l’on ne peut pas aboutir jusqu’au baptême.
Une personne divorcée remariée, ou mariée avec un(e) divorcé(e), peut-elle recevoir le baptême ?
Elle peut commencer une démarche de catéchuménat, qui la fait avancer dans la foi et l’intègre progressivement dans la communauté chrétienne, mais elle ne peut pas recevoir le baptême.
Comment réagir face à des situations plus complexes ou découvertes tardivement (ex. baptême antérieur non catholique, situation non déclarée) ?
Les catéchumènes ne pensent pas toujours à parler de leur ancienne situation (par exemple un divorce). Nous aurons de plus en plus de cas particuliers à gérer : le savoir en amont permet d’accompagner le catéchumène de façon plus juste. Le père Laurent est là pour cela, et les situations difficiles sont tranchées par le diocèse. Exemple vécu : une catéchumène avait été baptisée chez les protestants plus de vingt ans auparavant ; faute de pouvoir obtenir un acte de baptême, le diocèse a tranché en faveur d’un nouveau baptême.
Documents à fournir
Quels documents faut-il compléter en tout début d’accompagnement ?
Vous pouvez demander au catéchumène sa fiche de renseignements, afin de la lire et de la compléter avec lui. C’est aussi le moment d’insister sur les étapes du sacrement et sur les documents qui devront être fournis par la suite.
Quels sont les documents à fournir pour être baptisé ?
- Acte de naissance avec mentions marginales de moins de 3 mois, à récupérer auprès du service de l’état civil (Service Public).
- Fiche de renseignements fournie par la paroisse.
- Document de célébration d’entrée en catéchuménat.
- Document de célébration de l’appel décisif.
Quels sont les documents à fournir pour être confirmé ?
- Acte de naissance avec mentions marginales de moins de 3 mois, à récupérer auprès du service de l’état civil (Service Public).
- Certificat de baptême avec mentions marginales, à demander à la paroisse où le baptême a eu lieu.
- Fiche de renseignements et fiche de confirmation, fournies par la paroisse.
- Lettre à l’évêque.
Pour la confirmation, qu’en est-il de la lettre à l’évêque et des délais ?
Il n’existe pas de modèle de lettre : le catéchumène doit y expliquer pourquoi il demande le sacrement, retracer son parcours et exprimer ainsi son désir de suivre le Christ. Cette lettre se mûrit tout au long du parcours ; vous pouvez accompagner ce mouvement si besoin. Notez qu’un délai d’un mois supplémentaire est gardé avant la remise officielle des dossiers, afin de pouvoir les traiter et d’accueillir les retardataires — il y en a toujours. Votre vigilance et vos relances auprès de votre accompagné sont précieuses sur ce point.